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Métallurgie - Sidérurgie : Situation de l'emploi

Le secteur recherche des profils " internationaux " Dans ce secteur en constante restructuration, les entreprises continuent néanmoins d'embaucher. En s'adaptant à la nouvelle géographie de la sidérurgie mondiale. Les profils internationaux et les étrangers sont particulièrement prisés.

La sidérurgie mondiale a passé, fin 2004, le cap d'un milliard de tonnes d'acier produites. Devant la pénurie d'acier qui règne sur le marché et la flambée des cours, les sidérurgistes multiplient, donc, les projets d'investissement. Et l'emploi dans tout ça ? " Nous sommes toujours dans une industrie en constante restructuration, tempère Didier Zint, secrétaire général de la CFDT métallurgie-sidérurgie Nord-Lorraine. Mais les plans prévus sur l'Europe (fermetures de hauts-fourneaux et de sites tels que Florange et Marvyck, difficultés des petites sociétés dans la transformation et la distribution, etc.) concernent surtout les emplois de production moins qualifiés. Les jeunes diplômés de niveau Bac +5 continueront d'être embauchés, et de plus en plus. " Vallourec, qui a embauché 50 jeunes Bac +5 en 2004, devrait réitérer en 2005. Le groupe Arcelor, le géant du secteur, a légèrement amélioré son recrutement de cadres entre 2003 et 2004, passant de 80 à une centaine en France (200 en Europe). L'année 2005 sera placée sous le même signe. 75 % de ces embauches sont des jeunes diplômés et des premières expériences, les trois quarts d'entre eux étant des ingénieurs.

Métiers proposés
Les jeunes ingénieurs débutent en général en production : fabrication, méthode, qualité, logistique, études, voire à un poste d'ingénieur technico-commercial ou d'acheteur industriel. L'activité recherche et développement ou encore la fonction technico-commerciale offre des possibilités. " Il n'y a pas de parcours type, affirme Sophie Besson, responsable du recrutement chez Arcelor. Un jeune peut tour à tour évoluer vers la recherche et développement, le process, la production ou encore la logistique. Nos principaux besoins de jeunes se situent dans la R&D, que nous considérons comme une véritable pépinière. Là est l'avenir : 50 % de nos aciers n'existaient pas il y a cinq ans. " Dans ce groupe, 30 à 40 % des jeunes se trouvent en R&D, 20 % en production et en maintenance, le reste dans les métiers de l'informatique, des achats ou encore dans les locaux de constructeurs automobiles pour la conception.

Profils recherchés
On recherche en priorité des diplômés d'écoles d'ingénieurs, avec parfois une spécialisation en chimie, mécanique, électronique ou électromécanique. La spécialisation en gestion est requise pour les postes technico-commerciaux. Arcelor affiche ses préférences pour les écoles de rang 1 et 2, ainsi que pur des spécialités comme la maintenance, l'automatisme et l'informatique industrielle. La pratique de l'anglais est requise dans une annonce sur deux. Les profils internationaux sont particulièrement prisés dans ce secteur. Près des deux tiers de l'effectif de Vallourec, par exsemple, est basé à l'étranger. En 2003, un tiers du recrutement d'Arcelor était constitué étrangers et un autre tiers de profils internationaux. Le groupe privilégie certaines nationalités, en particulier les Chinois : ils seront formés pendant trois ou quatre ans puis envoyés dans leur pays d'origine. Depuis 2002, la sidérurgie mondiale connaît une forte croissance de la demande vers le Moyen-Orient, le Sud-Est asiatique et la Chine. En 2003, la Chine a consommé autant d'acier que l'Europe et les États-Unis réunis.

Économie du secteur
La France est troisième au rang mondial des exportateurs d'acier et au premier européen des producteurs d'aluminium. Les entreprises sidérurgiques, au premier rang desquelles figure Arcelor, fournissent des produits bruts avant transformation ou semi-finis (profilés, barres, fils...) à leurs clients des industries de l'automobile, du transport, de la construction mécanique, de l'électroménager, de l'emballage et de la construction. Après la fusion en 2002 du français Usinor avec le luxembourgeois Arbed et l'espagnol Aceralia, qui a donné naissance à Arcelor, l'événement en 2004 a été la prise de contrôle de Péchiney par le canadien Alcan. Lequel devient le deuxième groupe mondial d'aluminium. Des restructurations sont programmées : Arcelor prévoit la fermeture de six hauts-fourneaux d'ici à 2010. Le marché mondial de la sidérurgie connaît une expansion vers l'Asie, en particulier vers la Chine qui devient l'un des plus gros importateur d'acier au monde.

Sidérurgie : quelles opportunités ?
Georges Chappuis est directeur de l'École supérieure de fonderie et de forge (ESFF). " Si vous dépassez les a priori sur la fonderie, vous découvrirez que cela peut être un véritable métier de création. À côté des métiers traditionnels liés à la production, le développement de technologies offre de nombreuses perspectives. C'est le cas avec Squeeze Casting ou Cobatress, des techniques de pointe qui permettent de faire des pièces de haute résistance mécanique servant surtout pour l'automobile en compétition. Cela attire beaucoup les jeunes. Les logiciels de modélisation mécanique et de simulation numérique offrent à l'ingénieur de bonnes possibilités de réflexion et de création. Avant, un ingénieur travaillait sur des prototypes dans un atelier de production. Aujourd'hui, il est affecté aux méthodes dans un bureau d'études et travaille sur des logiciels. "

30 000 à 35 000 €
Bertrand, diplômé ingénieur en septembre 2004, est entré, le même mois, dans une entreprise de sidérurgie comme ingénieur méthodes et process. Il gagne 29 900 € brut annuels sur treize mois. Il perçoit aussi une prime d'intéressement et une prime de production dont il ignore les montants... Le groupe Arcelor, pour sa part, affiche un salaire moyen annuel brut de 30 à 35 000 €. Les étudiants, à la sortie de l'ESFF, perçoivent en moyenne 30 000 € annuels brut.